Le président de la commission d'enquête parlementaire en charge de l'affaire Epstein James Comer, s'exprimant à Chappaqua (New York) en marge de l'audition de l'ancien président Bill Clinton, le 27 février 2026 ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / David Dee Delgado )
L'ex-président américain Bill Clinton a assuré vendredi n'avoir "eu aucune idée des crimes" sexuels de son ancien ami Jeffrey Epstein, devant la commission d'enquête parlementaire qui l'interroge sur ses liens passés avec le financier.
"Je n'ai rien vu et je n'ai rien fait de mal", a déclaré l'ancien chef d'Etat démocrate dans une déclaration liminaire, publiée sur X. "Même avec le recul, je n'ai rien vu qui m'ait alerté", a-t-il insisté, réaffirmant avoir pris ses distances avec Jeffrey Epstein plus d'une décennie avant sa mort en prison en 2019.
James Comer, président de la commission à majorité républicaine qui interroge Bill Clinton, a déclaré avant l'audition avoir "de nombreuses questions" à poser à l'ancien président, qui a voyagé "au moins 27 fois" à bord du jet privé d'Epstein, lequel s'est rendu "17 fois" à la Maison Blanche sous son mandat (1993-2001).
Les élus démocrates de la commission ont répété pour leur part qu'ils souhaitaient entendre Donald Trump.
"Soyons honnêtes, nous nous adressons aujourd'hui au mauvais président", a déclaré Suhas Subramanyam, autre membre de la commission. "C'est le président Trump qui bloque notre enquête. C'est le président Trump qui veut étouffer cette affaire".
Comme pour l'actuel président républicain, lui aussi âgé de 79 ans, le nom de Bill Clinton apparaît à de multiples reprises dans le dossier, sans qu'aucun fait répréhensible ne lui ait jamais été imputé.
Dans des images récemment rendues publiques par la justice, on le voit participer avec Jeffrey Epstein à des événements mondains, mais aussi dans des cadres privés, parfois aux côtés de femmes dont le visage a été masqué. Sur une photo, il est dans un bain à remous.
Photo rendue publique le 19 décembre 2025 par le ministère de la Justice américain dans le cadre du dossier Epstein, montrant l'ancien président Bill Clinton dans un bain à remous au côté d'une personne dont le visage est caché ( US DEPARTMENT OF JUSTICE / Handout )
Bill Clinton a déjà assuré à plusieurs reprises qu'il ignorait tout des crimes du financier, qui avait plaidé coupable en 2008 de sollicitation de prostitution de mineure et exécuté une peine de 18 mois de prison.
Une ligne de défense rappelée la veille par son épouse, l'ancienne cheffe de la diplomatie Hillary Clinton, devant la même commission.
Comme elle, l'ex-chef de l'Etat est entendu à huis clos dans une salle municipale de la petite ville cossue de Chappaqua, au nord de New York, où le couple possède une maison.
- "Plutôt à l'aise" -
"Nous posons les questions difficiles à l'ancien président. À son crédit, il a répondu à chacune d'entre elles", a témoigné lors d'une pause Suhas Subramanyam, qui a l'a trouvé "plutôt à l’aise" et donnant "des réponses très longues et réfléchies".
La veille, Hillary Clinton avait répété qu'elle n'avait pour sa part jamais rencontré Jeffrey Epstein, se montrant combative.
"Si cette commission voulait sérieusement connaître la vérité sur les crimes d'exploitation sexuelle d'Epstein (...) elle demanderait directement à notre président actuel de s'expliquer sous serment sur les dizaines de milliers de fois où il apparaît dans le dossier", a-t-elle lancé.
L'ancienne secrétaire d'État américaine Hillary Clinton s'adresse à la presse après sa déposition devant la commission de surveillance de la Chambre des représentants, dans le cadre de l'enquête sur ses liens avec le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein, à Chappaqua, dans l'État de New York, le 26 février 2026 ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )
Les démocrates réclament d'entendre Donald Trump notamment sur la base de nouvelles révélations de la presse.
Selon celles-ci, le ministère de la Justice aurait récemment empêché la publication de documents relayant les accusations d'une femme qui affirme avoir été agressée sexuellement quand elle était mineure par Jeffrey Epstein et par Donald Trump.
Vendredi, républicains et démocrates ont fait étalage de leurs désaccords y compris sur le contenu de ce qu'avait dit Bill Clinton à ce stade. James Comer a assuré que l'ancien président avait exonéré l'actuel locataire de la Maison Blanche, quand les démocrates ont estimé qu'il avait au contraire donné des "informations supplémentaires" sur ce dernier.
Le témoignage des époux Clinton clôt des mois de bataille avec le chef de la commission parlementaire.
Initialement convoqués en octobre, Bill et Hillary Clinton avaient refusé de se présenter.
L'ancien président américain Bill Clinton et l'ancienne secrétaire d'État Hillary Clinton, le 9 janvier 2025 à Washington ( AFP / Mandel NGAN )
Menacé par la commission de poursuites pour entrave au Congrès, le couple a finalement accepté fin janvier d'être entendu.
Tous deux ont exigé en vain des auditions publiques. Mais leur enregistrement devrait toutefois être dévoilé.
Depuis la publication le 30 janvier d'une nouvelle salve de documents, plusieurs dirigeants et personnalités du monde entier ont été éclaboussés pour leurs liens passés avec Jeffrey Epstein, provoquant enquêtes pénales, arrestations et démissions, principalement en Europe.
Questionné avant un déplacement au Texas, Donald Trump a déclaré qu'il appréciait Bill Clinton et "n'aimait pas le voir interrogé sous serment".

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